André-Pierre Gignac revient en équipe de France avec l’intention de s’installer durablement. L’attaquant marseillais s’estime être dans la forme de sa vie, grâce en autre à l’arrivée de Marcelo Bielsa à la tête de Marseille.

Mais Marcelo Bielsa a comme souvent une autre vision des choses et réfute une quelconque influence dans la forme de Gignac ces dernières semaines. “Je crois que le niveau qui est le sien en ce moment est le même qu’il avait la saison passée, par moments. Il a marqué 16 buts la saison passée, ce qui est un bon total. J’ai déjà dit que le niveau qu’il a actuellement n’est dû qu’à ses efforts”, a-t-il confié.

Quoi qu’il en soit Gignac espère aujourd’hui s’imposer comme une réelle alternative à Benzema et Giroud sur le front de l’attaque des bleus. C’est d’ailleurs ce qui ressort lors de sa conférence de presse aujourd’hui à Clairefontaine dans le cadre du match amical contre le Portugal ce samedi.

André-Pierre Gignac, au-delà de votre forme sportive, vous semblez avoir changé sur le plan de la mentalité. Êtes-vous d’accord et si oui en quoi ?

Lors de ma dernière sélection, je me suis trouvé assez timide. Je ne sais pas pourquoi. Sûrement le fait que je revenais après pas mal d’années d’absence. Je ne l’explique pas trop. Avec la confiance et ce renouveau, la mentalité est différente. Ma forme actuelle, aussi bien physiquement que mentalement, est sûrement, et de loin, la meilleure depuis le début de ma carrière. Il y a aussi des années d’expérience au compteur et ça joue beaucoup. L’arrivée du nouvel entraineur et une nouvelle dynamique à l’OM font que je m’épanouis pleinement.

Cette équipe de France est surtout composée de Mondialistes. Avez-vous l’impression que ceux qui n’étaient pas au Brésil devront montrer plus pour s’imposer ?

Forcément. Il y a un noyau dur, quelque chose qui s’est créé. Ça fait deux ans qu’ils jouent ensemble, il s’est passé quelque chose face à l’Ukraine (barrage qualificatif au Mondial, ndlr) puis au Brésil. C’est normal qu’ils aient un temps d’avance. Après, je viens avec une ambition de me montrer au jour le jour, aux entraînements, en match. Et si on fait appel à moi, de montrer ce que je fais actuellement avec Marseille, une efficacité, une générosité. Si je continue à être performant en club et que je me montre quand je viens en sélection, j’aurai ma chance comme les autres. J’ai fait de brèves apparitions dans le passé. Maintenant, je viens avec la ferme intention de m’imposer dans ce groupe, de montrer au jour le jour. Ça passe par de grosses performances en club, je le sais. Quand on fait appel à moi, il faut être vraiment performant, que ce soit tout juste parfait. Sinon, je sais que ça va être un peu plus difficile.

Jouez-vous déjà gros pour l’avenir sur ce rassemblement ?

Je vais jouer gros sur toute la saison. Il va y avoir d’autres rassemblements. Celui-ci est peut-être le plus important car il y a deux matches. Alors oui, je joue sûrement gros. Je ne serai rappelé que si je suis performant. Si je suis timide comme face à la Géorgie, si je ne me montre pas, je ferai sûrement une croix sur cette équipe. Mais ce n’est pas mon envie. Je suis déterminé à montrer ce que je vaux.

Vous avez perdu du poids par rapport à la saison dernière. Qu’est-ce que cela change pour vous et regrettez-vous de ne pas l’avoir fait avant ?

Je suis affûté de quatre-cinq kilos en moins. Je n’ai pas de regrets mais ça pose des questions, car j’ai été performant avec des kilos en trop. Que se serait-il passé si je ne les avais pas eus ? Cette saison, je me sens plus véloce. Je peux sprinter beaucoup plus.

Pourquoi avoir décidé de faire ce travail sur votre poids ? Décision personnelle ou conséquence de l’arrivée de Bielsa ?

J’ai eu un déclic. Je suis parti cet été en vacances en Afrique, en Tanzanie plus précisément. Tous les jours, on faisait un match avec les Tanzaniens, deux fois 45 minutes à 2600m d’altitude. Quand je suis revenu en France, j’étais déjà très affûté. Le coach nous a aussi demandé d’être rigoureux. On a une pesée tous les jours, il fait très attention à ça. Inconsciemment et instantanément, j’ai séché. Et comme je me sentais bien dans ce nouveau corps, j’ai continué.

Avant France-Portugal samedi, le meilleur football est-il français ou portugais ?

Sur les dernières années, et notamment avec ce qui s’est créé avec le barrage contre l’Ukraine, je pense que la France est au-dessus du Portugal même s’il ne faut pas les sous-estimer. Ils ont de grands joueurs, de grandes individualités, mais aujourd’hui la France est une vraie équipe.

Vous êtes au coude-à-coude avec Cristiano Ronaldo en tête des meilleurs buteurs européens de la saison, comptez-vous tenir la comparaison toute la saison ?

Soyons sérieux. C’est le plus grand joueur du monde avec Messi. Ses statistiques sont éblouissantes depuis le début de sa carrière. C’est plus d’un but par match. Qu’est-ce que vous voulez que je dise à ça ? Moi, je fais le début de saison le plus prolifique de ma carrière. J’ai envie d’être décisif, de continuer pour mon équipe mais sans vouloir tutoyer les sommets. Il n’y a pas de comparaison à faire. Aucune, vraiment.

Vous connaissez bien les deux : quelle est la différence entre les méthodes Bielsa et Deschamps ?

Il y a plus de jeu avec coach Deschamps. (Sourire.) On a la chance de pouvoir frapper souvent au but, de faire des petits jeux, des 9 contre 9, de la conservation… Avec Bielsa, ça ne marche pas, ça. Ces dix jours vont nous faire du bien, à pouvoir profiter de faire un peu de jeu. Mais il y a de la rigueur chez les deux. Ils ont l’exigence du haut niveau.

Vos relations avec Deschamps n’ont pas toujours été bonnes dans le passé. Que vous a-t-il dit en vous retrouvant ?

On va remettre ça sur le tapis pour la dernière fois. Il m’a déjà rappelé la saison dernière. Je l’avais eu à la fin de son épopée marseillaise, on avait discuté et remis les choses à plat. Là, on a souri, on s’est parlé, il m’a chambré, comme d’habitude. Ne vous inquiétez pas pour ça. Il n’y a pas de langue de bois : les relations entre Didier Deschamps et André-Pierre Gignac sont au beau fixe.

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